Une tribune pour les luttes

Chasse à l’opposant : la police vise des manifestants à la tête, tire et blesse très grièvement l’un d’eux à Montreuil

En moins d’un an, c’est au moins la cinquième personne qui risque de perdre un oeil à cause d’un flasball de la police.
Manif lundi 13 juillet à 19h

Article mis en ligne le samedi 11 juillet 2009

video de l’expulsion

http://www.wat.tv/video/expulsion-clinique-1mpxy_1mpxz_.html


Communiqué des Verts de Montreuil

Un jeune homme à Montreuil a perdu un œil à la suite d’un tir de « flash-ball ».

Les squatteurs de la « Clinique » expulsés le matin même avaient organisé le soir du mercredi 8 juillet un pic-nic de protestation à la Croix de Chavaux. Ont-ils attaqué la police à coup de brochettes et de merguez ? Ont-ils dévasté les abribus et les vitrines et brûlé les poubelles ? Rien de tout cela. Ils ont tendu des banderoles et distribué des tracts. Et certains d’entre eux se sont dirigés vers la Clinique en signe de protestation.

La police peut-elle justifier le fait de défigurer à vie un homme par le seul fait de la présence d’une cinquantaine de manifestants débonnaires déambulant à la Croix de Chavaux ?

Si les policiers chargés du maniement des flash-ball ne savent pas se maîtriser, il faut les leur retirer.

Les Verts de Montreuil s’élèvent contre l’utilisation de plus en plus fréquente et sans discernement des flash-ball, tasers, et autres bombes lacrymogènes par la police contre les jeunes de nos quartiers.

Les Verts de Montreuil exigent qu’une enquête soit ouverte sur les événements du 8 juillet 2009 et que les coupables de violences soient sanctionnés.

Montreuil le 9 juillet 2009


Expulsion du squat de la Clinique de Montreuil : manif lundi 13 juillet à 19h

Samedi 11 juillet 2009

Mercredi soir à Croix de Chavaux suite à l’expulsion du squat de la Clinique de Montreuil, un jeune homme à perdu son œil à cause d’un tir de flash ball de la police.

Depuis janvier, la clinique de la Croix de Chavaux, vide depuis 10 ans, est occupée. Une vingtaine de personnes l’ont investies, pour l’habiter mais aussi pour en faire un lieu d’organisation, de construction de luttes sociales. Continuer à occuper d’autres lieux vacants, lutter contre le contrôle des institutions sociales, contre les arrestations de sans papiers et le contrôle policier dans notre ville, organiser des magasins gratuits, des concerts, des cantines dans la rue…

Bien qu’il n’y ait pas de projet sur le site de la Clinique, que le propriétaire voulait la vendre avec les occupants, la justice a décidé de respecter le Droit, c’est-à-dire la propriété privée, et de virer tout le monde. Mercredi matin, à 6h, un dispositif militaire se met en place dans tout le quartier de Croix de Chavaux pour évacuer la clinique, plus de 200 flics dont le RAID. Les occupants sont bastonnés pour qu’ils descendent du toit. Mercredi soir, une cantine est organisée pour se regrouper, se compter, manger ensemble, un feu d’artifice est tiré devant la clinique, puis une déambulation démarre, et nous nous regroupons devant celle-ci gardée par deux vigiles. Les flics débarquent rapidement, suréquipés, arrêtent une personne, quelques uns protestent et là les flics chargent, et tirent au flash ball dans la foule qui détale.

Cinq personnes se sont fait shootées, toutes au dessus du torse. Les flics visaient la tête, avec l’intention claire de nous mater, au risque de tuer ou mutiler. Les flics ont continué à poursuivre les gens jusqu’à la rue piétonne. Plusieurs personnes ont été arrêtées durant la charge et les flics ont continué à patrouiller dans la ville toute la nuit. Peu de temps après, ils ont arrêté une autre personne à quelques rues de là.

Finalement, deux des trois personnes arrêtées sont sorties, la troisième sera déférée se samedi et une autre est à l’hôpital. Elle a perdu son œil. On ne connaît pas les inculpations exaxtes pour les trois arrêtés, mais il est sûr qu’après la « bavure » ils vont les charger pour justifier leurs actes.

Ces violences ne sont pas isolées. A Nantes, Grenoble, Villiers-Le-Bel, d’ autres personnes ont perdu leur œil après un tir de flash ball. Le nombre de garde à vue bat des records, et les suicides s’y multiplient. On ne s’étonne pas des violences policières. Ce serait ne pas voir quel rôle la police assure. Il n’y a pas de bonne police. Même une police de proximité nous virera des lieux occupés, arrêtera les sans papiers, protégera les biens des riches propriétaires. On ne s’indigne pas mais nous constatons qu’ils font de plus en plus facilement usage de leurs armes, font de plus en plus de blessés en toute impunité. Qu’au moindre début de révolte ils emploient des moyens de plus en plus disproportionnés pour quelle ne se propage pas.

Nous ne voulons pas que la police tire sur des gens en silence. Nous ne voulons pas de police du tout.

MANIFESTATION LUNDI 13 JUILLET À 19H À CROIX DE CHAVAUX, AU DÉBUT DE LA RUE PIÉTONNE PLACE JACQUES DUCLOS.


Mercredi 8 juillet à 6H du matin, la police et le Raid ont procédé à l’expulsion de la Clinique occupée, 42 boulevard de Chanzy à Montreuil, un immeuble vide situé place du marché qui, depuis janvier 2009, avait été investi par de nouveaux habitants et accueillait de nombreuses activités collectives, ouvertes à la population, ciné club, radio de rue, cantine, et permanence pour rompre l’isolement des ayant droit face aux institutions sociales et s’organiser sur les problèmes de logement.

Le soir du 8 juillet, une cantine de rue et un rassemblement contre cette expulsion étaient organisés rue du capitaine Dreyfus. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la Clinique, allumant des feux d’artifice avant de dialoguer avec les 3 vigiles chargés de garder l’immeuble expulsé.

Lors de l’arrivée des forces de l’ordre, celles-ci ont violemment chargé les manifestants en utilisant à de nombreuses reprises des flash ball et en visant les manifestants à la tête. Parmi eux, un participant à la coordination des intermittents et précaires a été atteint à un œil par l’un de ces tirs. Il est actuellement hospitalisé et a été opéré. Le pronostic médical est des plus réservé : il n’aurait que très peu de chances de ne pas perdre cet œil.

Au moins trois personnes sont depuis maintenues en garde à vue.

Nous ne saurions recenser l’ensemble des blessures irréversibles dues à l’utilisation de ces armes dans le maintien de l’ordre. Rappelons toutefois qu’en moins d’un an, au moins trois manifestants ont été grièvement atteints à l’œil : ce fut le cas d’un lycéen Nantais lors d’une manifestation à l’automne dernier et d’un Toulousain qui participait à une autoréduction dans un supermarché ce printemps.

La dotation en flash ball de la police a été appuyée par l’argument que ces armes seraient non létales et que leur usage serait rigoureusement encadré. Les faits démontrent qu’il n’en est rien : assurée de son immunité, la police utilise quotidiennement ces flash ball de façon offensive en ignorant délibérément les principes supposés régler leurs interventions dont celui de « proportionnalité de la riposte » , et sans hésiter à s’en servir de manière à occasionner le maximum de dégâts (tirs à bout portant, tirs à la tête).

Comment la presse, les responsables politiques, les porte parole policiers peuvent-ils encore s’étonner, lorsque le maintien de l’ordre social s’attaque brutalement aux pauvres, aux précaires et aux contestataires de toutes sortes et que ses agents haussent le tir en visant les têtes, que ceux qui sont en butte à ces tirs policiers envisagent, et parfois décident, d’utiliser eux aussi des armes à feu ?

Le débat public s’est récemment fait l’écho de l’énorme multiplication des mises en garde-à-vue comme des procédures pour « outrages, rébellion, violences à l’encontre d’agents dépositaires de la force publique ». Une autre face de l’activité policière est maintenant clairement mise en lumière : pour terroriser les anormaux, les opposants, pour dissuader toute insoumission, on tire à la tête.

Nous ne l’acceptons pas et appelons à s’opposer partout à cette nouvelle surenchère de la violence policière

Rdv dimanche à 15h pour la réunion de la Clinique en exil, marché Croix de Chavaux

Manifestation lundi 13 juillet à 18h, rdv à l’entrée de la rue du capitaine Dreyfus, m° Croix de chavaux

Coordination des intermittents et précaires



Un témoignage sur Montreuil

Lors de l’arrivée des forces de l’ordre, celles-ci ont violemment chargé les manifestants en utilisant à de nombreuses reprises des flashball et en visant les manifestants à la tête.

Parmi eux, un participant à la Coordination des intermittents et précaires a été atteint à un œil par l’un de ces tirs. Il est actuellement hospitalisé et a été opéré. Le pronostic médical est des plus réservé : il n’aurait que très peu de chances de ne pas perdre cet œil.

Nouvelles prises auprès de la famille sur place il y a une demi-heure, son œil est en effet perdu, explosé dans la cavité oculaire ; malgré une intervention qui a duré deux heures son œil n’a donc pas pu être sauvé. Mais de plus les os également atteints, il faudra une seconde opération pour rétablir l’environnement osseux.

Ce qui est à ajouter qui jamais n’aurait eu lieu il y a encore quelques années : il n’y a plus de service d’intervention chirurgicale d’urgence en pleine nuit.

De sorte que dans le cas d’un tel accident le blessé d’abord conduit en fin de journée à l’hôpital de Montreuil se déclarant incompétent, n’a pu être transféré aux Quinze-Vingt, l’hôpital spécialisé le mieux désigné où il n’y aurait plus eu de place, pas même pour une intervention d’urgence quitte à transférer le patient ensuite dans un autre service… Il s’est retrouvé dans la nuit à l’hôtel Dieu et dut rester dans cette situation jusqu’à son opération seulement ce matin.

C’est dire si jamais on ne saura à quel point la défaillance hospitalière due aux compressions économiques de la santé publique, accroissant les agressions physiques de la police, furent ou pas une cause d’aggravation du fait que son œil n’ait pu être sauvé, quoique l’équipe chirurgicale in fine fut néanmoins des plus compétentes.

Mais si son œil avait explosé, évidement cela ne pouvait rien changer sinon qu’il risqua sa vie à attendre. Je reste à douter de tout ce qui a pu être dit à la famille pour les convaincre qu’il n’y avait pas d’autre solution possible, un mensonge pouvant avoir eu lieu pour ne pas les les rendre plus désespérés encore.

Indymedia Toulouse, 10 juillet.

http://toulouse.indymedia.org/

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1 Message

  • Le 13 juillet 2009 à 11:59, par

    * Un lycéen en 2007 à Nantes.

    * Deux personnes à Villiers-le-bel en mai.

    * Samir à Neuilly-sur-Marne en mai.

    * Johann en manifestation à Toulouse, au mois de mars.

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