Une tribune pour les luttes

Communiqué du RESF 13

Ferzande TASTAN est ENFIN LIBRE !

Article mis en ligne le samedi 23 février 2008

Monsieur Tastan est enfin libre ! Il est sorti de la maison d’arrêt de Villefranche sur Saône mardi 19 février à 10h 25, après avoir purgé une peine de 3 mois d’emprisonnement pour refus d’embarquement !

L’OFPRA lui a enfin accordé le statut de réfugié le 28/12/07.

Le passé :

Quatre demandes d’asile politique auprès de l’OFPRA échouées, un dossier de demande de régularisation pour toute la famille suite à la circulaire Sarkosy du 13/06/07 refusé, toutes les demandes de recours possibles refusées, arrestations et APRF au bout, appels pour casser l’aprf refusé, nouvelle arrestation et rétention au centre de rétention administrative de Marseille…..(l’histoire est longue)

Pourquoi a-t-il été emprisonné ?

Sans papier, arrêté le 24/11/07 au volant de sa voiture au centre ville de Marseille, et transféré au Centre de Rétention Administrative après sa garde à vue, il a refusé l’embarquement à l’aéroport de Lyon, le 10/12/07.

Paraissant en comparution immédiate le lendemain à Lyon, le procès a été reporté au 21/12/07, avec la mauvaise nouvelle de « mandat de dépôt » entre deux. Le 21/12, le verdict était de trois mois de prison et de trois ans d’interdiction de territoire, malgré une excellente plaidoirie de son avocate Maître Matari, et un rendez-vous obtenu auprès de l’OFPRA le 26/12 pour ré-examiner son dossier.

Pourquoi a-t-il refusé l’embarquement ?

Parce qu’il savait ce qui l’attendait ! Il a souffert et vécu la prison 19 mois en Turquie parce qu’il était Kurde tout simplement. Accusé à tort d’être membre du PKK, c’était à nouveau la torture , en tous cas plusieurs dizaines d’années de prison qui l’attendaient ! Ses jours étaient mis en danger. Il est venu en France avec toute sa famille pour se protéger. L’an dernier, en mars, dans un geste de désespoir , il avait tenté de s’immoler pour protéger son fils aîné Sedat, qui devait être expulsé le jour même (troisième tentative d’expulsion le concernant), et qui risquait lui aussi l’emprisonnement à son arrivée en Turquie, pour n’y avoir pas accompli son service militaire, et d’être envoyé au front pour y tuer ses frères kurdes…


Pourquoi a-t-il eu gain de cause ?

- Parce que Monsieur Tastan a eu une détermination extraordinaire qui lui a donné la force
de résister à tous les moments, quelque soit la situation, et notamment lors de la tentative
d’expulsion du 10 décembre 07…

- Parce qu’il y a eu une mobilisation formidable du Réseau Education Sans Frontières qui l’a soutenu de jour comme de nuit….

- Parce que des personnes compétentes (son avocate Me Matari, et les personnes de la Cimade de Lyon et de Marseille, …) ont ré- examiné son dossier avec soin, et ont constaté nombre d’erreurs de traduction de documents turcs, de demandes d’asile mal formulées, etc….

- Parce que l’OFPRA, suite à l’entrevue du 26 décembre, a finalement reconnu le statut de réfugié que Monsieur Tastan aurait dû obtenir depuis de nombreuses années…

Monsieur Tastan a reçu de nombreux témoignages de soutien …plus de 800 courriers lui ont été adressés lors de sa détention. Il est très ému et remercie tous ceux qui l’ont soutenu.

N’oublions pas que son fils Sedat doit comparaître lui aussi devant le TGI de Bobigny le 17 mars prochain, pour les mêmes raisons que son père, refus d’embarquement (en mars 2007) !

Pacsé à une jeune française, il avait demandé en octobre dernier son dossier « vie privée-vie familiale » à la préfecture des Bouches-du-Rhône et n’a eu comme réponse qu’une arrestation. La cour administrative d’appel d’Aix-en-Provence a reconnu cette arrestation comme étant « déloyale » quelques jours plus tard…..Maintenant fils de réfugié, il demande le même statut que son père.

Le verdict non annulé malgré la décision de l’ofpra :

Les contradictions de la justice : Statut de réfugié accordé et interdiction de territoire toujours valable pour Monsieur Tastan….Un relèvement de cette interdiction de territoire est en cours, et prendra plusieurs mois, même si ce n’est qu’une formalité. En attendant, il a l’autorisation de travailler, mais attendra encore ce long délai avant d’obtenir sa carte de séjour.

Quand la justice française relèvera-t-elle automatiquement ces contradictions ? Lorsque l’on obtient le statut de réfugié politique auprès de l’OFPRA, la peine de prison comme celle d’interdiction de territoire ne devraient-elles pas être levées automatiquement ?….

RESF 13

(06 31 32 48 65)

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