Une tribune pour les luttes

LIP, l’imagination au pouvoir, "C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie !"

réalisé par Christian Rouaud en 2007

Article mis en ligne le samedi 25 décembre 2010

Les déserts du réel

En 1973 une usine de montres, LIP, dépose le bilan.

Un comité d’action apparaît. Les travailleurs s’organisent. Manifestation d’abord, puis délégation à Matignon, séquestration des administrateurs - classique. Puis le ton monte : ils décident d’occuper l’usine. Les stocks de montres sont subtilisés puis cachés ici et là dans la région avec le soutien de quelques curés : montant du butin, 500.000 millions d’anciens francs. Les ouvriers décident de relancer la chaîne de montage horlogère pour "assurer un salaire de survie" - un slogan : "on fabrique, on vend, on se paie !" C’est l’heure de la première paie sauvage.
Face à la répression, d’autres usines font grève et les manifs tournent à l’affrontement. _ On parle alors de casseurs qui veulent casser du CRS, déjà.

Dans la lutte émerge une forme de vie collective où circule de l’auto-organisation, de la solidarité et du partage ; où s’éprouve une forme de puissance collective, l’autre nom de la joie pour Spinoza. L’essentiel n’est pas alors comment ça finit - mal forcément puisque le pouvoir politique et patronal (CNPF) s’active pour que de telles choses ne soient pas être possible.
C’est quoi alors ? Malheur à l’impuissant qui n’est pas capable de le sentir.

Retour sur ce conflit historique, forcément contradictoire.

Les LIP, l’imagination au pouvoir, réalisé par Christian Rouaud en 2007

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http://vimeo.com/9903456

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